EQΦS Forecast
Étude EQΦS ForecastTesla Roadster · SpaceX package19 octobre 2026
Propulseurs à gaz froid · simulateur et étude

Le Roadster SpaceX peut-il sauter, voler, rouler ? Le calcul complet.

Calculs vérifiés par EQOS Forecast Asia

Tesla a fait sauter un prototype de Roadster par-dessus cinq véhicules le 15 octobre 2026 à McGregor (Texas). Cette page recalcule tout ce que l'on peut recalculer à partir des chiffres publics. Chaque section commence par la conclusion et les chiffres clés, puis donne le visuel, puis les équations, pour que n'importe qui puisse refaire le calcul. Modélisation réalisée avec EQOS Forecast, l'outil de modélisation et de prédiction mathématique de The Bright Company.

La démonstration du 15 octobre, à l'échelle en hauteur : rampe inversée et flip (≈ 20,7 m), saut au-dessus des cinq véhicules (8,2 m annoncés, le Semi à 3,95 m), atterrissage freiné (≈ 3,2 g).

Ce qu'il faut retenir

14 questions, 14 réponses calculées
Performance : une vraie voiture
Autonomie, vitesse maximale et 0-60 mph cohérents avec les annonces. Sans propulseurs.
Thrust : un jouet de circuit
0,19 s à plus de la moitié de la poussée par plein, puis 2 à 6 h de recharge en station.
Rocket : un démonstrateur
Poussée supérieure au poids pendant 1,25 s ; 6 à 8 s de vol au maximum théorique.
Peut-il voler ?
8,0 s maximum
La masse décroît en exponentielle (constante 56 s). Avec 319 kg de gaz : 8 s. Voler 30 s exigerait 995 kg de gaz.
80 kN pendant 5 s ?
7,4 kN en moyenne
80 kN est le pic au premier instant. Une tuyère fixe perd la moitié de sa poussée en 0,19 s (200 L).
Le saut de 8,2 m est-il possible ?
7,8 m calculés
Oui, mais seulement avec 600 L à travers un détendeur à 380 bar. Avec 300 L : 2,2 m.
Atterrissage
12,7 m/s sans freinage
Il faut freiner aux tuyères (42 kg de gaz) pour toucher à 3 m/s et 3,1 g. Sinon 55 g : roues détruites.
0-60 mph annoncés
0,83 s Rocket, réel
Thrust 0,92 s et Rocket 0,83 s sont cohérents avec les annonces. Le 0,59 s exige une poussée constante.
Combien de gaz à bord ?
319 kg 600 L, 690 bar
L'air réel occupe 54 % de volume en plus que le gaz parfait. Les 250 kg rapportés correspondent à 437 bar.
Le réservoir refroidit
−40 °C après 25 %
Vidange adiabatique : −94 °C à la moitié du réservoir. Limite des liners certifiés atteinte après un quart du gaz.
Tuyères
Ø 15 mm × 4 cols
80 kN à 690 bar imposent 6,96 cm² de col et 113 kg/s. La détente complète liquéfierait l'air : Isp effective ≈ 56 s.
Aspiration
6,9 kPa de dépression
4 700 kg d'appui = 7 % de la pression atmosphérique sous la caisse, jupes à 7 à 9 mm du sol. Faisable.
Autonomie
619 km à 110 km/h
Les 300 miles annoncés sont prudents (74 kWh suffisent). Chaque 10 kW d'aspiration permanente coûte 37 %.
Vitesse maximale
418 kW pour 230 mph
230 mph tiennent dans 1 MW. 330 mph demanderaient 1 205 kW : hors de portée.
Batterie à 1 MW
14 à 52 s avant +15 °C
141 à 354 kW de chaleur selon la cellule. Tenable comme pointe, pas en continu.
Sécurité
9 kg de TNT équivalent
39 MJ dans 600 L à 690 bar : bris de vitres à 28 m. Jet à 135-142 dB à 15 m, souffle 90 m/s à 10 m.
Recharge par la voiture ?
100-144 kWh par plein
Comprimer 319 kg d'air coûte toute la batterie et 5 à 7 h à 20 kW. D'où la station d'azote.
Rendement du gaz
0,7 % batterie → voiture
Compresseur 50 % × jet 26 % × propulsion 5,3 %. Les moteurs font le même travail pour 129 fois moins d'énergie.
Piste la plus rentable
× 1,7 de hauteur par kg de gaz
Orienter les dix tuyères vers le bas pour le saut : la perte par gravité tombe de 50 % à 15 % du gaz. Même gaz, 22 m au lieu de 13.

Lecture rapide : les chiffres de Tesla sont cohérents entre eux une fois compris que 80 kN est un pic, pas une moyenne. La démonstration est réelle. Le vol est borné par une loi exponentielle, pas par un détail d'ingénierie. Le point dur du véhicule est le stockage du gaz, pas le saut.

01Simulateur de saut

Un moteur qui vide vraiment le réservoir.Trajectoire intégrée pas à pas, gaz réel, détente adiabatique, détendeur, baisse de poussée, freinage avant le sol, passage de toute la longueur de la voiture au-dessus des obstacles.
Intégrateur
RK4, 2 ms
Réservoir
gaz réel
Incertitudes
1 500 tirages
Architecture reconstituée de la version Rocket, vue de côté. Les positions exactes des tuyères ne sont pas publiées : le schéma place les quatre tuyères de poussée à l'arrière et les six tuyères de portance et de rotation réparties sous la caisse et sur les côtés, comme décrit par Tesla.

Véhicule
2 400 kg
75 kg
Propulseurs
80 kN
60 %
1,00 s
690 bar
380 bar
600 L
56 s
Départ
60 km/h
0 %
0,30 m

Simulation hypothétique. Les résultats ne sont pas des performances démontrées du Roadster.

Bilan d'énergie et de masse (contrôle de cohérence)

Mode probabiliste : que se passe-t-il si les inconnues varient ?

1 500 tirages aléatoires autour des réglages actuels : poussée verticale ±20 %, durée ±25 %, masse ±150 kg, impulsion spécifique 50 à 65 s. On lit la probabilité de franchir le Semi et la dispersion de la hauteur.

Les équations du simulateur

Mouvement. La voiture est un point de masse variable. Position \((x,y)\), vitesse \((v_x,v_y)\), masse \(m\) :

$$\frac{dx}{dt}=v_x,\quad \frac{dy}{dt}=v_y,\quad \frac{dv_x}{dt}=\frac{F_x}{m},\quad \frac{dv_y}{dt}=\frac{F_y}{m}-g,\quad \frac{dm}{dt}=-\dot m$$

Intégration Runge-Kutta d'ordre 4, pas de 2 ms pendant la poussée. Sur route plate, le décollage n'a lieu que si \(F_y \ge m g\). Sur rampe de pente \(p\) : \(\theta=\arctan(p)\), \(v_{x0}=v_0\cos\theta\), \(v_{y0}=v_0\sin\theta\).

Réservoir. La masse stockée vient de l'équation d'état avec facteur de compressibilité \(Z\) (air, 293 K) : \(m_0 = \dfrac{P_0 V}{Z(P_0)\,R\,T_0}\) avec \(R=287{,}05\) J/(kg·K). La vidange en moins d'une seconde est adiabatique : l'entropie du gaz restant est constante, ce qui donne la pression et la température du réservoir en fonction de la fraction de masse restante \(f=m/m_0\). Ces courbes \(P(f)\), \(T(f)\) sont tabulées depuis une équation d'état de référence (Lemmon et coll. pour l'air) et interpolées.

Poussée. Pour une tuyère à col fixe amorcée, la poussée est proportionnelle à la pression d'alimentation : \(F=C_F A_t P_a\). Avec un détendeur réglé à \(P_{reg}\) : \(P_a=\min(P_{tank},P_{reg})\), donc

$$F(t)=F_0\cdot\min\!\left(1,\frac{P_{tank}(t)}{P_{reg}}\right)$$

Une tuyère à col variable maintient \(F_0\) tant que \(P_{tank}\) dépasse un plancher (60 bar). Seules les tuyères de portance sont allumées pendant le saut ; le débit massique est \(\dot m = F_y/V_e\), avec une vitesse d'éjection qui suit le refroidissement du gaz : \(V_e = I_{sp}\,g\sqrt{T_{tank}/T_0}\).

Atterrissage. En descente, le freinage commence à la hauteur \(h_f=\dfrac{v_y^2-v_t^2}{2a}\) avec \(a=F_y/m-g\) et \(v_t=3\) m/s la vitesse de toucher visée (le simulateur applique une marge de 1/0,6 parce que la poussée baisse pendant le freinage). Au sol, la suspension (course 0,15 m) encaisse \(\bar F = \dfrac{m v_t^2}{2 s}\).

Franchissement. La longueur de la voiture (4,4 m) est prise en compte : l'avant et l'arrière, à la hauteur du dessous de caisse, doivent passer au-dessus de chaque obstacle tout au long de la trajectoire, pas seulement au sommet.

Bilan d'énergie. Deux contrôles tournent à chaque calcul : le travail \(\int F\cdot v\,dt\) corrigé du terme de masse éjectée doit égaler la variation d'énergie mécanique de la voiture ; et la voiture ne peut pas recevoir plus d'énergie que le jet n'en contient, \(\tfrac12 m_{gaz}V_e^2\).

02Ce que Tesla a montré et dit

Une démonstration réelle, des chiffres de presse qui divergent.Le 15 octobre 2026 à McGregor, un Roadster sans pilote a roulé tête en bas, fait un demi-tour en l'air, puis sauté au-dessus de cinq véhicules. La pression, le gaz, la masse et la batterie restent incertains.
Hauteur annoncée
8,2 m
Tuyères
10
Production
2028
Les chiffres publics, classés par fiabilité
DonnéeValeurStatutSource
Date et lieu15 octobre 2026, SpaceX McGregor (Texas)confirméFortune, CNN, Fox
Nombre de tuyères10 (4 à l'arrière, 6 pour la portance et les rotations)confirméMotorTrend, Tech-Insider
Poussée« plus de 80 kN », jet supersonique, quatre tuyères arrièreannoncéTesla via Paul Tan, BigGo
VersionsPerformance (2 places), Thrust (2 places, 200 L), Rocket (1 place, 600 L)confirméTesla, Fortune, InsideEVs
0-60 mph< 1,6 s / < 0,9 s / < 0,59 s ; démo mesurée 0,81 sannoncéElectrek, Car and Driver
Pression de stockage« environ 10 000 psi » (690 bar)annoncéMoravy via Top Gear
Pression affichée au tableau de bord5 500 psi (380 bar), lue sur l'écran « Thruster »photoTeslarati
Masse de gaz embarquée≈ 250 kgrapportéDrive Tesla, Paul Tan
GazAzote selon Moravy ; « air » selon d'autres sourcesdivergenceTop Gear vs Tech-Insider
Durée de poussée par plein« environ 5 s »rapportéMoravy, Sawyer Merritt
Recharge des réservoirs2 à 6 h à une station d'azote ; objectif < 30 minrapportéInsideEVs, Hagerty
Appui par aspiration> 4 700 kg ; virage > 2 g (1,26 g pneus seuls)annoncéDrive Tesla, Musk
Puissance1 000 kW (Performance) ; 800 à 1 000 kW selon la versionrapportéTop Gear
Batterie« plus de 100 kWh » ; 150 kWh selon une sourcedivergenceMotorTrend, BASENOR
MasseObjectif < 1 700 kg (version de base), non certifiéobjectifTop Gear
Autonomie« plus de 300 miles » (620 promis en 2017)annoncéFortune
Vitesse maximale> 230 mph (370 km/h)annoncéElectrek
Hauteur des sauts27 ft (8,2 m) au-dessus des 5 véhicules ; ≈ 68 ft (20,7 m) depuis la rampe, ≈ 3,2 g à l'atterrissageannoncé / rapportéNBC, Yahoo Autos
Réservations50 000 $ (Performance), 250 000 $ (Thrust), Rocket sur invitationconfirméTesla
Production2028 ; version Rocket non homologuée routeconfirméTesla, Fortune
RéglementationLa FAA ne considère pas le Roadster comme un aéronefconfirméCBS, Politico

03Réservoir : masse, pression, froid

319 kg d'air, 700 kg de système, et un gaz qui gèle en se vidant.À 690 bar l'air n'est plus un gaz parfait. Les 250 kg rapportés ne tiennent dans 600 L qu'à 437 bar. En vidange rapide, le gaz passe sous −40 °C après un quart du réservoir.
Facteur Z à 690 bar
1,54
Gaz + réservoirs
≈ 700 kg
Énergie d'éclatement
39 MJ
Pression (orange, échelle de gauche) et température (bleu, échelle de droite) de l'air restant dans un réservoir de 690 bar à mesure qu'on le vide sans échange de chaleur. Le gaz passe sous −40 °C, limite habituelle des liners de réservoirs certifiés, après 25 % de masse consommée.
Masse de gaz (plein) et masse estimée des réservoirs composites (hachuré) pour chaque configuration. La masse de réservoir vaut 0,785 fois le facteur Z fois la masse de gaz : plus la pression monte, plus le réservoir pèse par kilo de gaz. Monter en pression réduit le volume, pas la masse.
Le Rocket embarque environ 700 kg de gaz et de réservoirs : 319 kg d'air comprimé + 360 à 414 kg de coque composite (facteur 0,785 × Z ci-dessus). Sa masse réelle est donc 1 700 kg (base, sans air ni réservoir) + ≈ 700 kg ≈ 2 400 kg, et non les 1 700 kg de la version de base seule. Toute cette page utilise 2 400 kg pour le Rocket.
Tableau détaillé des configurations
ConfigurationFacteur ZMasse de gazÉnergie récupérableÉnergie d'éclatementMasse des réservoirs
200 L, 690 bar, air (Thrust)1,54106 kg16,8 kWh13 MJ (3,1 kg TNT)120 à 138 kg
600 L, 690 bar, air (Rocket)1,54319 kg50,4 kWh39 MJ (9,3 kg TNT)360 à 414 kg
600 L, 437 bar, air (250 kg rapportés)1,25250 kg36,0 kWh32 MJ (7,7 kg TNT)230 à 264 kg
600 L, 690 bar, azote1,60297 kg49,1 kWh38 MJ (9,0 kg TNT)360 à 414 kg
600 L, 690 bar, hélium1,3352 kg59,9 kWh45 MJ (10,8 kg TNT)360 à 414 kg
Équations du réservoir

Masse stockée. \(m=\dfrac{PV}{Z(P,T)\,R\,T}\). Le facteur \(Z\) vient d'une équation d'état de référence (Lemmon, Jacobsen, Penoncello et Friend, 2000, pour l'air ; Span et coll. pour l'azote). À 690 bar et 293 K : \(Z_{air}=1{,}544\), \(Z_{N_2}=1{,}603\). L'équation de Redlich-Kwong utilisée dans l'ancienne version de cette page donnait 1,463, soit 5,6 % d'écart sur la masse.

Pression réelle si 250 kg dans 600 L. Masse volumique \(\rho=250/0{,}6=417\) kg/m³ ; on inverse l'équation d'état : \(P=437\) bar (6 330 psi).

Vidange adiabatique. En moins d'une seconde, le gaz n'échange pas de chaleur avec la paroi. Le gaz qui reste dans le réservoir subit une détente isentropique : \(s(\rho,T)=s_0\). Pour un gaz parfait cela donne \(T/T_0=(\rho/\rho_0)^{\gamma-1}\) et \(P/P_0=(\rho/\rho_0)^{\gamma}\) avec \(\gamma=7/5\). Les valeurs du graphique viennent de l'équation d'état réelle, qui s'écarte de la loi parfaite de 10 à 15 % à ces pressions.

Énergie récupérable (exergie). Le travail maximal que peut fournir le gaz en revenant à l'ambiante : \(E_x=m\left[(h-h_0)-T_0(s-s_0)\right]\). Contrôle par la formule isotherme du gaz parfait, \(E_x\approx mRT_0\ln(P/P_0)=48{,}6\) kWh, à 3,6 % du calcul en gaz réel.

Énergie d'éclatement. Détente isentropique du gaz jusqu'à 1 atm : \(E_b=m\,(u-u_e)\) avec \(u\) l'énergie interne. L'équivalent TNT utilise 4,184 MJ/kg. Un éclatement pneumatique restitue environ 40 % de cette énergie en onde de choc (section 13).

Masse des réservoirs. Pour les réservoirs composites bobinés en carbone (type IV), la masse est proportionnelle au produit pression × volume : \(m_{res}\approx \dfrac{PV}{100\text{ à }115\text{ kJ/kg}}\), valeurs issues des réservoirs d'hydrogène automobiles à 700 bar.

Une loi utile. Avec \(PV=Z\,m_{gaz}RT\) et \(m_{res}=PV/k\) : \(\dfrac{m_{res}}{m_{gaz}}=\dfrac{Z\,R\,T_0}{k}=0{,}785\,Z\). À 690 bar (\(Z=1{,}54\)) le réservoir pèse 1,21 fois le gaz ; à 440 bar (\(Z=1{,}25\)) 0,98 fois. L'impulsion par kilo de système complet passe de 0,25 à 0,28 kN·s/kg (vitesse d'éjection effective 549 m/s).

04Tuyères : ce que 80 kN imposent

Quatre cols de 15 mm, 113 kg/s, et un air qui se liquéfierait si on le détendait à fond.La géométrie n'est pas publiée, mais 80 kN à 690 bar la fixent. La détente complète donnerait Mach 5,2 et 45 K : impossible, l'air gèle. Le jet sort sous-détendu, d'où une impulsion spécifique effective d'environ 56 s au lieu de 72.
Section des cols
6,96 cm²
Débit à 80 kN
113 kg/s
Isp effective
≈ 56 s
Coupe d'une des quatre tuyères, dimensions déduites des 80 kN. Les températures et nombres de Mach sont ceux d'une détente idéale ; la limite de liquéfaction (80 K) borne la détente réelle vers Mach 3,6 et une pression de sortie de 7 bar.
Grandeurs calculées
GrandeurAlimentation 690 barAlimentation 380 bar (détendeur)
Coefficient de poussée idéal \(C_F\)1,671,64
Section totale des cols6,96 cm²12,9 cm²
Diamètre de chaque col (4 tuyères)14,9 mm20,2 mm
Débit massique à 80 kN113 kg/s115 kg/s
Vitesse d'éjection idéale706 m/s (Isp 72 s)694 m/s (Isp 71 s)
Mach de sortie pour une détente complète5,24,7
Température de sortie correspondante45 K54 K
Rapport de sections sortie/col (détente complète)3020
Équations de tuyère

Pour un gaz de rapport de capacités thermiques \(\gamma=1{,}4\) et un col amorcé (pression amont au moins 1,9 fois la pression aval), le débit ne dépend que de la pression et de la température d'alimentation :

$$\dot m = \frac{A_t P_a}{\sqrt{R T_a}}\;\sqrt{\gamma}\left(\frac{2}{\gamma+1}\right)^{\frac{\gamma+1}{2(\gamma-1)}} = 0{,}6847\,\frac{A_t P_a}{\sqrt{R T_a}}$$

La poussée s'écrit \(F=C_F A_t P_a\). Pour une détente idéale jusqu'à la pression ambiante \(P_e=P_{amb}\) :

$$C_F=\sqrt{\frac{2\gamma^2}{\gamma-1}\left(\frac{2}{\gamma+1}\right)^{\frac{\gamma+1}{\gamma-1}}\left[1-\left(\frac{P_e}{P_a}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}\right]}$$

Mach de sortie : \(\dfrac{P_a}{P_e}=\left(1+\dfrac{\gamma-1}{2}M_e^2\right)^{\frac{\gamma}{\gamma-1}}\) ; température de sortie : \(T_e=\dfrac{T_a}{1+\frac{\gamma-1}{2}M_e^2}\). L'air se liquéfie vers 80 K à 1 bar, ce qui borne \(M_e\) à environ 3,65. Vitesse d'éjection effective avec terme de pression : \(V_e=\dfrac{F}{\dot m}=u_e+\dfrac{(P_e-P_{amb})A_e}{\dot m}\).

05La poussée réelle dans le temps

80 kN au premier instant, 7,4 kN en moyenne sur 5 secondes.Une tuyère fixe perd sa poussée dans la proportion de la pression. Les « 80 kN » et les « 5 secondes » sont deux chiffres vrais, mais pas en même temps.
200 L : poussée < 50 %
0,19 s
600 L : poussée > poids
1,25 s
Impulsion 200 L / 600 L
37 / 95 kN·s
Poussée d'une tuyère fixe alimentée à 690 bar, sans détendeur, départ 80 kN. La zone verte est le temps pendant lequel la poussée verticale dépasse le poids d'un Rocket de 2 400 kg : la voiture ne peut se soulever que là.
Repères chiffrés
RéservoirPoussée < 50 %Poussée < 20 %Poussée < 10 %Impulsion totaleMoyenne sur 5 sPoussée > poids (2 400 kg)
200 L (Thrust)0,19 s0,66 s1,31 s37 kN·s7,4 kNjamais à 48 kN vertical
600 L (Rocket)0,55 s1,84 s3,38 s95 kN·s19 kN1,25 s
Équations de la vidange

À chaque instant, débit \(\dot m = F/V_e\) et \(F = F_0\,P_{tank}/P_0\) (col fixe, amorcé). Pour un gaz parfait, la masse volumique \(\rho\) du réservoir suit \(\dot\rho = -\dot m/V\) et la pression \(P=P_0(\rho/\rho_0)^{\gamma}\). En combinant, la vidange isentropique d'un réservoir par un col amorcé donne une loi fermée :

$$\frac{P(t)}{P_0}=\left(1+\frac{\gamma-1}{2}\,\frac{t}{\tau}\right)^{-\frac{2\gamma}{\gamma-1}}=\left(1+\frac{t}{5\tau}\right)^{-7}\qquad \tau=\frac{V}{A_t\,\Gamma\,\sqrt{R T_0}}$$

avec \(\Gamma=0{,}6847\). Pour le Thrust, \(\tau\approx0{,}94\) s ; pour le Rocket, \(\tau\approx2{,}8\) s. Les valeurs du tableau utilisent l'équation d'état réelle plutôt que la loi parfaite, ce qui raccourcit légèrement les temps.

L'impulsion totale est \(\int_0^\infty F\,dt\). La « poussée moyenne sur 5 s » est cette impulsion divisée par 5 s. Contrôle simple : 106 kg éjectés à 549 m/s font 58 kN·s au total ; une tuyère fixe n'en exploite que 37 parce que la fin de vidange se fait à basse pression et basse température.

06Le 0 à 60 mph

Thrust 0,92 s et Rocket 0,83 s : cohérents à 2 %. Le 0,59 s exige une poussée constante.Les 1,6 s de la Performance donnent la force des moteurs à la roue (28,5 kN). On y ajoute la poussée réelle, qui décroît. Le 0,81 s mesuré en démonstration correspond exactement à une vidange simple.
Force moteur à la roue
28,5 kN
Rocket, vidange réelle
0,83 s
Pour 0,59 s, col fixe
117 kN
Temps de 0 à 60 mph calculés (barres) comparés aux annonces de Tesla (repères). Les barres orange utilisent la poussée réelle d'une tuyère fixe qui se vide ; la barre hachurée suppose 80 kN constants.
Tableau des cas
CasMasse0-60 mph calculéAnnoncéLecture
Performance, pneus seuls (1,26 g)1 700 kg2,17 s—limite d'adhérence sans aspiration
Performance, avec aspiration1 700 kg1,60 s< 1,6 scohérent (force moteur 28,5 kN)
Thrust, 200 L, poussée qui décroît1 940 kg0,92 s< 0,9 scohérent à 2 %
Rocket, 600 L, poussée qui décroît2 400 kg0,83 s0,81 s (démo)cohérent à 2,5 %
Rocket, 80 kN constants (col variable)2 400 kg0,59 s< 0,59 sexige une poussée régulée
Rocket, 10 tuyères toutes vers l'arrière (160 kN)2 400 kg0,43 s—borne physique

Pour tenir 0,59 s avec une tuyère fixe, il faudrait 117 kN au départ. Masse maximale du Thrust pour rester sous 0,9 s en vidange réelle : 1 905 kg.

Équations de l'accélération

Force de traction disponible à la roue, limitée par l'adhérence, la puissance et le couple :

$$F_{roue}=\min\Big(\mu\,(mg+D),\;\frac{\eta P_{max}}{v},\;F_{cap}\Big)$$

avec \(\mu=1{,}26\) (coefficient d'adhérence déduit de l'annonce Tesla « 1,26 g sur les pneus »), \(D=46{,}1\) kN d'appui par aspiration, \(\eta=0{,}92\), \(P_{max}=1\) MW. \(F_{cap}=28{,}5\) kN est obtenu en inversant les 1,6 s annoncés. Équation du mouvement : \(m\,\dot v = F_{roue}+F_{tuyères}(t)\), intégrée jusqu'à \(v=26{,}82\) m/s. La poussée des tuyères suit la section 5.

Contrôle du couple : \(F=\dfrac{C\cdot i}{r}=\dfrac{1\,302\times 9}{0{,}35}=33{,}5\) kN pour un rapport de réduction de 9 et un rayon de roue de 0,35 m ; l'ordre de grandeur concorde avec les 28,5 kN inversés.

07Saut et atterrissage

Le saut de 8,2 m est reproductible, mais seulement avec 600 L et un détendeur. L'atterrissage coûte autant que la montée.Avec 300 L, la hauteur tombe à 2,2 m. Sans freinage, l'impact à 12,7 m/s imposerait 55 g à la suspension. Les 3,2 g rapportés prouvent que Tesla a freiné aux tuyères.
600 L + détendeur
7,84 m
Gaz montée + freinage
100-130 kg
Suspension, toucher 3 m/s
3,1 g
Hauteur atteinte par la même poussée (48 kN verticaux pendant 0,7 s, 2 075 kg) selon la façon dont le réservoir alimente les tuyères. Le Semi (3,95 m) et la hauteur annoncée (8,23 m) servent de repères.
Hauteurs et atterrissages chiffrés
Configuration (48 kN verticaux, 0,7 s, 2 075 kg)HauteurGaz consommé
Ancien simulateur : pression constante, 300 L7,99 m61 kg
300 L, vidange réelle, sans détendeur2,23 m38 kg
300 L, détendeur 380 bar5,33 m51 kg
600 L, détendeur 380 bar7,84 m61 kg
Annoncé par Tesla8,23 m—
Atterrissage depuisVitesse de chute libreToucher viséImpulsion de freinageGazFreinage 80 kN pendantSuspension (course 15 cm)
8,2 m (5 véhicules)12,7 m/s3 m/s23,3 kN·s42 kg0,41 s, dès 3,2 m72 kN = 3,1 g, 18 kN par roue
8,2 m12,7 m/s5 m/s18,5 kN·s34 kg0,33 s200 kN = 8,5 g
20,7 m (rampe)20,2 m/s3 m/s41,2 kN·s75 kg0,73 s, dès 8,4 m72 kN = 3,1 g
8,2 m sans freinage12,7 m/s12,7 m/s00—55 g : roues détruites

Le simulateur montre qu'avec une tuyère fixe derrière un détendeur à 380 bar, la pression restante après la montée ne suffit plus à freiner une voiture de 2 475 kg : la poussée verticale retombe sous le poids. Pour atterrir comme lors de la démo, il faut soit une tuyère à col variable, soit une réserve de pression dédiée au freinage, soit une voiture plus légère. Un saut complet (montée + freinage) consomme 100 à 130 kg de gaz selon la masse, soit un tiers à la moitié d'un plein.

Équations du saut et de l'atterrissage

Hauteur atteinte après la poussée : \(H=y_1+\dfrac{v_{y1}^2}{2g}\) où \(y_1\), \(v_{y1}\) sont la hauteur et la vitesse verticale à la fin de la poussée (intégrées, section 1). Pour une poussée constante \(F_v\) sur une durée \(T\) et une masse constante : \(v_{y1}=(F_v/m-g)T\), \(y_1=\tfrac12(F_v/m-g)T^2\).

Chute libre : \(v_{imp}=\sqrt{2gH}\). Freinage à poussée \(F_v\) : décélération \(a=F_v/m-g\), hauteur de déclenchement \(h_f=\dfrac{v_{imp}^2-v_t^2}{2a}\), durée \(\dfrac{v_{imp}-v_t}{a}\), gaz \(\dfrac{m(v_{imp}-v_t)}{V_e}\). Suspension : \(\bar F=\dfrac{m v_t^2}{2s}\) avec \(s=0{,}15\) m.

Flexion du châssis à l'atterrissage, en traitant les réservoirs (700 kg) comme une charge au milieu de l'empattement \(L_e=2{,}7\) m posé sur deux appuis : \(M=\dfrac{m_{res}\,a\,L_e}{4}=15\) kN·m à 3,2 g, 23 kN·m à 5 g. Module de section minimal à 300 MPa avec un coefficient de sécurité 1,5 : 74 à 116 cm³. Une coque carbone l'encaisse ; ce n'est pas le point dur.

08Tonneau et flip

Les rotations coûtent peu de gaz. La difficulté est la précision.Un tonneau complet en une seconde demande 18,5 kg de gaz, un flip 16 kg. Mais 1 % d'erreur d'impulsion, ou 10 ms de retard de vanne, décalent l'assiette de 3,6° à l'atterrissage.
Inertie en roulis
726 kg·m²
Tonneau 360° en 1 s
18,5 kg
Erreur pour 1 %
3,6°
Vue de face : les tuyères latérales (bras 0,9 m) créent le couple de roulis. Lancer puis arrêter un tonneau en une seconde demande deux impulsions de 5,1 kN·s, soit 34 kN pendant 0,15 s chacune.
Manœuvres chiffrées
ManœuvreInertieVitesse de rotationImpulsion par tuyère (lancer, puis arrêter)GazPoussée si impulsion de 0,15 s
Tonneau 360° en 1 s (bras 0,9 m)726 kg·m²6,28 rad/s5,1 kN·s × 218,5 kg34 kN
Flip 180° en tangage en 1,2 s (bras 2 m)3 362 kg·m²2,62 rad/s4,4 kN·s × 216 kg29 kN
Correction de lacet 20° en 0,5 s3 702 kg·m²0,70 rad/s1,3 kN·s × 24,7 kg8,6 kN
Équations de rotation

Inertie d'un parallélépipède homogène de masse \(m_c\) : \(I_{roulis}=\dfrac{m_c(W^2+H^2)}{12}\), \(I_{tangage}=\dfrac{m_c(L^2+H^2)}{12}\), \(I_{lacet}=\dfrac{m_c(L^2+W^2)}{12}\), auxquels on ajoute les réservoirs (cylindre de rayon 0,35 m pour le roulis, masse ponctuelle à 0,8 m pour le tangage et le lacet). Dimensions 4,4 × 1,9 × 1,1 m, caisse 1 700 kg, réservoirs 700 kg.

Pour tourner d'un angle \(\theta\) en une durée \(\Delta t\) à vitesse constante : \(\omega=\theta/\Delta t\), moment cinétique \(L=I\omega\), impulsion d'une tuyère de bras \(r\) : \(J=L/r\), une fois pour lancer, une fois pour arrêter. Gaz : \(2J/V_e\). Erreur d'assiette : \(\delta\theta=\theta\cdot\delta J/J\) ; retard de vanne : \(\delta\theta=\omega\,\delta t\).

09Combien de temps peut-il voler ?

8 secondes au maximum théorique. Voler une minute exigerait les deux tiers de la masse en gaz.En vol stationnaire, la masse décroît en exponentielle avec une constante égale à l'impulsion spécifique. C'est une loi, pas un réglage. La sustentation électrique n'est pas une issue : 1,2 à 2,4 MW pour une batterie qui en fournit 1.
319 kg, Isp 56 s
8,0 s
Pour 30 s
995 kg
Rotors, 2 m²
2,4 MW
Durée maximale de vol stationnaire pour une voiture de 2 400 kg, selon la masse de gaz embarquée et l'impulsion spécifique. Les points marquent les deux configurations plausibles du Rocket.
Repères chiffrés
Gaz embarqué (2 400 kg au total)Isp 50 sIsp 56 sIsp 70 s
319 kg (600 L à 690 bar)7,1 s8,0 s10,0 s
250 kg (rapporté)5,5 s6,2 s7,7 s
Pour voler 30 s995 kg de gaz (Isp 56 s), soit 41 % de la masse
Pour voler 60 s1 578 kg de gaz, soit 66 % de la masse
Sustentation électrique (2 400 kg, figure de mérite 0,7)PuissanceDurée sur 150 kWh
2 m² de rotors2,4 MW3,8 min
8 m² de rotors1,2 MW7,6 min
Ventilateurs actuels retournés (80 kW, 0,4 m²)1,4 kN6 % du poids
Équations du vol stationnaire

Poussée = poids : \(\dot m\,V_e=mg\) avec \(V_e=I_{sp}g\), donc \(\dot m = m/I_{sp}\) et

$$m(t)=m_0\,e^{-t/I_{sp}}\qquad t_{max}=I_{sp}\ln\frac{m_0}{m_0-m_{gaz}}$$

Fraction de gaz nécessaire pour une durée \(T\) : \(1-e^{-T/I_{sp}}\). Sustentation par rotors (théorie de la quantité de mouvement) : puissance induite \(P=\dfrac{1}{\mathrm{FM}}\sqrt{\dfrac{(mg)^3}{2\rho A}}\) avec une figure de mérite \(\mathrm{FM}=0{,}7\) et \(\rho=1{,}2\) kg/m³.

10Les ventilateurs d'aspiration

La partie la plus crédible du véhicule, avec un point de défaillance brutal.Un appui de 4 700 kg demande 7 % de dépression sous la caisse et des jupes à moins d'un centimètre du sol. Si une jupe lâche en virage à 3 g, l'adhérence revient à 1,26 g en quelques millisecondes.
Dépression
6,9 kPa
Jeu sous jupes
7-9 mm
Virage théorique
3,7-4,7 g
Coupe de la caisse : les ventilateurs extraient l'air sous le plancher, les jupes limitent la fuite, la pression atmosphérique plaque la voiture. Les flux de fuite sous les jupes atteignent 107 m/s.
Grandeurs calculées
GrandeurValeurHypothèse
Appui annoncé46,1 kN4 700 kg
Surface effective sous caisse6,7 m²80 % de 4,4 × 1,9 m
Dépression nécessaire6,9 kPa (6,8 % atm)appui / surface
Débit de fuite pour 80 kW de ventilateurs5,8 à 7,5 m³/srendement 0,5 à 0,65
Jeu moyen sous les jupes7 à 9 mmpérimètre 12,6 m, coefficient de fuite 0,6
Appui / poids (1 700 kg · 2 400 kg)2,76 · 1,96permet de rouler au plafond avec 22 à 29 kN de marge
Virage théorique (1 700 kg · 2 400 kg)4,7 g · 3,7 gadhérence 1,26 ; Tesla annonce « plus de 2 g », borne basse
Charge verticale par pneu, aspiration active15,7 à 17,4 kN1 600 à 1 775 kg par roue
Coût en autonomie de 10 kW permanents−37 %section 11
Équations de l'aspiration

Dépression : \(\Delta P = D/A_{eff}\). Vitesse d'entrée d'air sous la jupe : \(u=\sqrt{2\Delta P/\rho}=107\) m/s. Débit que les ventilateurs peuvent extraire : \(Q=\eta_f P_{fan}/\Delta P\). Jeu équivalent : \(e=\dfrac{Q}{C_d\,u\,L_{per}}\) avec \(C_d=0{,}6\). Accélération latérale maximale : \(a_y=\mu\,\dfrac{mg+D}{m}\). Rouler au plafond exige \(D>mg\).

11Autonomie et vitesse maximale

300 miles est prudent, 230 mph est tenable, 330 mph ne l'est pas.À 110 km/h, 74 kWh utiles suffisent pour 483 km. L'écart avec la batterie annoncée absorbe environ 5 kW d'aspiration permanente. La vitesse maximale est bornée par la puissance de traînée, qui croît comme le cube de la vitesse.
Autonomie, 100 kWh
619 km
230 mph
418 kW
330 mph
1 205 kW
Puissance aux roues nécessaire pour tenir une vitesse (surface de traînée 0,55 m², 1 700 kg). Le trait horizontal est la puissance disponible (1 MW) : il croise la courbe vers 310 mph.
Autonomie à 110 km/h d'une voiture de 1 700 kg avec 100 kWh utiles, selon la puissance des ventilateurs maintenue en permanence.
Tableaux de consommation et de vitesse
CasConsommationAutonomie 100 kWhAutonomie 150 kWh
1 700 kg, 110 km/h, ventilateurs coupés154 Wh/km619 km928 km
2 400 kg (Rocket), 110 km/h175 Wh/km542 km813 km
1 700 kg, 130 km/h192 Wh/km496 km744 km
1 700 kg, 110 km/h, 10 kW d'aspiration244 Wh/km389 km584 km
1 700 kg, 110 km/h, 80 kW d'aspiration881 Wh/km108 km162 km
VitessePuissance aux roues nécessaireSurface de traînée maximale pour 1 MWVerdict
230 mph (370 km/h)418 kW1,35 m²atteignable
330 mph (531 km/h)1 205 kW0,45 m²hors de portée avec 1 MW
Mach 0,5 (383 mph)1 872 kW0,29 m²hors de portée

À 370 km/h, la bande de roulement du pneu subit 3 000 g d'accélération centrifuge (2 800 tr/min) : il faut des pneus de catégorie spéciale, et un aileron de 1,2 m² y produit 11 kN d'appui pour 78 kW de traînée.

Équations de consommation et de vitesse

Consommation par kilomètre à vitesse constante \(v\) :

$$e(v)=\frac{\tfrac12\rho\,C_dA\,v^2 + C_{rr}\,m\,g}{\eta}+\frac{P_{aux}+P_{fan}}{v}$$

avec \(\rho=1{,}2\) kg/m³, \(C_dA=0{,}55\) m² (hypothèse, Tesla n'a pas publié le coefficient), \(C_{rr}=0{,}010\), \(\eta=0{,}88\), \(P_{aux}=400\) W. Autonomie : \(E_{utile}/e(v)\) avec 95 % de la capacité nominale utilisable. Vitesse maximale : \(P_{roues}=\dfrac{\tfrac12\rho C_dA v^3 + C_{rr}mgv}{0{,}9}\). Pression dynamique à 370 km/h : \(q=\tfrac12\rho v^2=6{,}3\) kPa. Accélération centrifuge de la bande de roulement : \(\omega^2 r\) avec \(\omega=v/r\).

12La batterie à 1 mégawatt

1 MW est une puissance de pointe : 14 à 52 s avant 15 °C d'échauffement.Tirer 1 MW d'une batterie de 100 à 150 kWh, c'est 6,7 à 10 C. La chaleur produite par la résistance interne (141 à 354 kW) limite avant l'énergie. Sur circuit, à 400 kW de moyenne, 30 kW de chaleur continue sont évacuables.
Courant à 900 V
1 111 A
Chaleur à 1 MW
141-354 kW
150 kWh à 400 kW
22 min
Pour chaque configuration (capacité / résistance de cellule), la chaleur produite à 1 MW et le temps avant 15 °C d'échauffement adiabatique. Un pack plus gros et des cellules à faible résistance allongent la fenêtre de pleine puissance.
Tableau détaillé
BatterieCellules 4680Courant à 900 VRésistance du packChaleur à 1 MW+15 °C aprèsRégime
100 kWh, cellule 3 mΩ1 0311 111 A172 mΩ212 kW (21 %)23 s10 C
100 kWh, cellule 5 mΩ1 0311 111 A286 mΩ354 kW (35 %)14 s10 C
150 kWh, cellule 3 mΩ1 5461 111 A115 mΩ141 kW (14 %)52 s6,7 C
150 kWh, cellule 5 mΩ1 5461 111 A191 mΩ236 kW (24 %)31 s6,7 C

La recharge à 500 kW de 15 à 80 % de 150 kWh prend 11,7 minutes, compatible avec les « moins de 15 minutes » annoncées. L'annonce de 1 MW est tenable à condition d'un pack de 150 kWh et de cellules à faible résistance.

Équations de la batterie

Nombre de cellules : \(n=E/97\) Wh (cellule 4680). Architecture : \(n_s=243\) en série pour 900 V (3,7 V par cellule), \(n_p=n/n_s\) en parallèle. Résistance du pack : \(R=\dfrac{n_s R_{cell}}{n_p}\). Chaleur : \(Q=I^2R\) avec \(I=P/U\). Échauffement adiabatique : \(\Delta T=\dfrac{Q\,t}{m_{cell}\,c_p}\) avec 355 g et 900 J/(kg·K) par cellule. La chaleur à puissance partielle varie comme le carré de la puissance : \(Q(P)=Q_{1MW}(P/1\,\mathrm{MW})^2\).

13Sécurité : crash, bruit, souffle

Le point dur n'est pas le vol, c'est le stockage.600 L à 690 bar contiennent 39 MJ, l'équivalent de 9 kg de TNT. Le jet fait 135 à 142 dB à 15 m et souffle à 90 m/s à 10 m. Certifiable comme un réservoir d'hydrogène, incompatible avec la route ouverte.
Bris de vitres
≈ 28 m
Bruit à 15 m
135-142 dB
Fixations à 30 g
118 kN
À gauche, les rayons de surpression en cas d'éclatement du stockage (équivalent TNT effectif 3,7 kg), à l'échelle d'une voiture. À droite, la vitesse du souffle derrière une seule tuyère de 20 kN selon la distance.
Risques chiffrés
RisqueValeur calculéeConséquence
Effort sur les fixations des réservoirs (400 kg) à 30 g · 50 g118 kN · 196 kNfixations à dimensionner comme un pack batterie
Pression d'éclatement exigée (ratio 2,25, règle hydrogène)1 552 barréservoirs plus lourds que l'estimation basse
Rayon de surpression 5 psi (destruction de bâtiments légers)≈ 5 méquivalent TNT effectif 3,7 kg
Rayon de surpression 1 psi (bris de vitres)≈ 28 m
Mise à l'air de sécurité en 60 s5,3 kg/s, poussée parasite 2,9 kNle dégazage doit se faire par évents opposés
Température du gaz en vidange rapide−40 °C après 25 % ; −94 °C à 50 %fragilisation des liners et joints ; givrage des vannes
Cycles de pression (un plein par jour, 10 ans)3 650sous les 11 000 exigés pour l'hydrogène : tenable
Puissance mécanique du jet à 80 kN22 MW
Niveau sonore à 15 m135 à 142 dBlimite d'homologation routière : 74 dB(A)
Vitesse du souffle derrière une tuyère de 20 kN90 m/s à 10 m, 45 m/s à 20 mgraviers projetés, danger pour le véhicule suiveur
Équations de sécurité

Onde de choc. Équivalent TNT \(W=0{,}4\,E_b/4{,}184\) MJ (un éclatement pneumatique restitue environ 40 % de l'énergie isentropique en onde de pression). Distances par la loi d'échelle de Hopkinson : \(R=Z\,W^{1/3}\), avec \(Z\approx3{,}5\) m/kg^{1/3} pour 5 psi et 18 pour 1 psi (abaques de Kingery et Bulmash).

Bruit. Puissance mécanique du jet \(P_j=\tfrac12 F V_e\). Puissance acoustique \(P_a=\eta_a P_j\) avec \(\eta_a=0{,}2\) à 1 % pour un jet supersonique froid. Niveau de puissance \(L_w=10\log_{10}(P_a/10^{-12})\) ; niveau à la distance \(r\) : \(L_p=L_w-20\log_{10}r-8\).

Souffle. Vitesse sur l'axe d'un jet turbulent libre loin de la buse : \(u(x)\approx 7\,\dfrac{\sqrt{F/\rho}}{x}\), où \(F\) est la poussée de la tuyère.

14Recharge et rendement

Recharger un plein coûte toute la batterie. Le gaz rend 0,7 % de l'énergie.Comprimer 319 kg d'air à 690 bar demande 100 à 144 kWh et 5 à 7 h à 20 kW. D'où la station d'azote. Le même travail que les moteurs électriques coûte 129 fois plus d'énergie par l'air comprimé.
Énergie d'un plein
100-144 kWh
À 20 kW
5-7 h
Rendement global
0,7 %
Ce qui reste de 100 kWh tirés de la batterie à chaque maillon : compression (50 %), détente dans la tuyère (26 %), transfert à la voiture pendant le 0-60 (5,3 %). Il reste 0,7 kWh de travail utile.
Maillons chiffrés
MaillonRendementPourquoi
Batterie → gaz comprimé (compresseur multi-étages)35 à 50 %chaleur de compression perdue
Gaz comprimé → énergie cinétique du jet26 %détente incomplète, jet froid
Jet → travail sur la voiture (0-60 mph)5,3 %le jet sort à 549 m/s, la voiture roule à 10 à 25 m/s
Chaîne complète0,7 %produit des trois
Équations de la recharge

Énergie de recharge : \(E=E_x/\eta_c\) où \(E_x=50{,}4\) kWh est l'exergie du gaz (section 3). Temps : \(E/P_{comp}\). Rendement propulsif instantané d'une tuyère sur un mobile de vitesse \(v\) : \(\eta_p=\dfrac{2v/V_e}{1+(v/V_e)^2}\) ; intégré sur le 0-60 (6,5 m, 0,45 s, travail 520 kJ pour 65 kg de gaz) il vaut 5,3 %. Coût électrique équivalent : \(W/0{,}9\).

15Ce qu'on ne sait pas

Douze données manquantes, douze hypothèses explicites.Tout ce qui précède est recalculé à partir de chiffres publics. Voici ce que Tesla n'a pas publié, l'hypothèse retenue à la place, et la mesure qui trancherait.
Plus sensible
masse
Puis
détendeur
Puis
Isp
InconnueHypothèse retenueComment la lever
Masse réelle de chaque version1 700 kg (base), 1 940 kg (Thrust), 2 400 kg (Rocket)pesée publique
Gaz (air ou azote) et pression réelleair, 690 bar ; variante 437 bar testéefiche technique du réservoir
Répartition des 80 kN entre les 10 tuyères80 kN = les 4 arrière ; 60 % vers le bas pour le sautplan des tuyères
Détendeur, section des cols, col variable ou fixedétendeur 380 bar, cols fixes de 15 à 20 mmschéma pneumatique
Impulsion spécifique effective56 s à 20 °C, corrigée du refroidissementmesure au banc : poussée et débit
Profil de poussée pendant la démopoussée régulée puis décroissantetélémétrie du 15 octobre
Inertie et position des tuyèrescaisse homogène + réservoirs au centremodèle CAO
Coefficient aérodynamique\(C_dA=0{,}55\) m²soufflerie
Capacité et résistance de la batterie100 à 150 kWh, 3 à 5 mΩ par cellulefiche cellule
Puissance des ventilateurs80 kW (une seule source)fiche technique
Comportement en crash des réservoirsrègles hydrogène (GTR 13) par analogieessais de choc
Statut réglementaire du volnon calculabledécision NHTSA / FAA

16Préconisations à Tesla

Onze actions, chacune chiffrée.La plus rentable : des tuyères à col variable, qui multiplient par 2,5 à 3,8 le gaz utilisable à pleine poussée et rendent le 0,59 s et l'atterrissage reproductibles.
Col variable
× 2,5 à 3,8
Stockage 440 bar
−74 kg
Ventilateurs pilotés
+37 % / 10 kW
1
Tuyères à col variable.
Maintenir la poussée constante pendant la vidange fait passer le gaz utilisable à pleine poussée de 16 % (au-dessus de 380 bar) à 40 % (jusqu'à 150 bar) ou 61 % (jusqu'à 60 bar). Rend le 0,59 s reproductible et double la hauteur de saut.
gain : × 2,5 à 3,8 sur le gaz utile
2
Stocker à 440 bar plutôt qu'à 690.
Pour les mêmes 319 kg de gaz, les réservoirs pèsent 313 kg au lieu de 387 (loi 0,785·Z), pour 160 L de plus. L'impulsion par kilo de système gagne 12 % et la certification est plus simple.
gain : −74 kg de réservoirs, +12 % d'impulsion par kg
3
Protéger du froid.
Couper la vidange avant 25 % de consommation ou chauffer le gaz. Réchauffer tout le gaz demanderait 7,5 MW sur 5 s, impossible ; un échangeur sur le circuit batterie récupère une partie des +21 % d'impulsion spécifique disponibles.
gain : jusqu'à +21 % d'Isp
4
Freinage d'atterrissage automatique
avec une réserve de gaz verrouillée (40 à 75 kg selon la hauteur) qui ne peut pas servir au saut.
gain : atterrissage à 3 g au lieu de 55 g
5
Ventilateurs pilotés par la vitesse et le mode.
Chaque 10 kW permanents coûtent 37 % d'autonomie. Les réserver au circuit et aux virages.
gain : +230 km d'autonomie
6
Surveillance de dépression avec marge dynamique.
Une perte de jupe en virage à 3 g est une sortie de route instantanée : l'adhérence retombe à 1,26 g.
gain : sécurité active
7
Certifier les réservoirs comme ceux d'un véhicule à hydrogène.
Éclatement à 1 552 bar, feu, chute, 11 000 cycles, dégazage par évents opposés pour annuler la poussée parasite de 2,9 kN.
gain : homologation possible
8
Limiter les propulseurs aux circuits fermés
par géolocalisation, avec détection de présence à l'arrière : plus de 135 dB à 15 m et 90 m/s de souffle à 10 m.
gain : conformité bruit et sécurité des tiers
9
Abandonner le discours « vol ».
Le plafond physique est de 6 à 8 s. « Saut » et « boost » sont tenables et honnêtes.
gain : crédibilité
10
Abandonner l'auto-recharge
au profit de stations ou d'un service de remplissage : un compresseur embarqué consomme la batterie entière (100 à 144 kWh).
gain : usage réel
11
Pack de 150 kWh et cellules à faible résistance
pour tenir 1 MW plus de 30 s sans dépasser 15 °C d'échauffement.
gain : 52 s à pleine puissance au lieu de 14

17Innovations et conjectures : ce que disent les équations

Huit pistes, chacune démontrée par le calcul, aucune encore testée au banc.Les mêmes équations qui expliquent la démonstration disent aussi où se trouvent les marges : dans la géométrie des tuyères, dans la façon d'utiliser le gaz, dans la température, et dans la place du réservoir dans la structure. Chaque piste est donnée avec sa preuve et le gain chiffré.
Hauteur par kg de gaz
× 1,7
Isp possible
95 s
Bruit avec éjecteurs
−7 à −12 dB
À gauche : hauteur atteinte avec les mêmes 100 kg de gaz selon la poussée appliquée (2 475 kg). La perte par gravité est proportionnelle à la durée de la poussée. À droite : durée de vol stationnaire pour 600 L selon le fluide et sa température.

1. Orienter les dix tuyères vers le bas pour le saut

Conjecture démontrée

Pour une masse de gaz donnée, la hauteur dépend du rapport poussée/poids. À 48 kN (deux fois le poids), la moitié du gaz sert à compenser la gravité. À 160 kN (6,6 fois le poids), 15 % seulement. Même 100 kg de gaz : 13,1 m contre 22,2 m.

Vitesse acquise \(\Delta v = V_e\ln\dfrac{m_0}{m_0-m_{gaz}} - g\,T\) avec \(T=\dfrac{m_{gaz}V_e}{F}\). La perte \(gT\) vaut \(\dfrac{1}{n}\) de la vitesse idéale, \(n=F/mg\). 100 kg à 2 475 kg : 48 kN → 13,1 m ; 80 kN → 18,3 m ; 160 kN → 22,2 m ; limite impulsionnelle 26,1 m. Des tuyères orientables, comme sur un lanceur, donnent ce gain sans un gramme de gaz en plus.

2. Tuyères à col variable (pointeau)

Démontré

Une tuyère fixe perd sa poussée avec la pression. Un pointeau qui ouvre le col quand la pression baisse garde la poussée constante jusqu'à 60 bar : 61 % du gaz utilisable à pleine poussée au lieu de 16 %.

\(F=C_F A_t P\) : à \(F\) constante, \(A_t(t)=\dfrac{F}{C_F P(t)}\). Section du col de 7 cm² à 690 bar à 80 cm² à 60 bar. Rend le 0,59 s et l'atterrissage freiné reproductibles avec le réservoir actuel.

3. Éjecteurs : plus de poussée et moins de bruit avec le même gaz

Conjecture démontrée

Une tuyère entourée d'un carénage qui entraîne l'air ambiant pousse plus fort à puissance égale : la poussée croît comme la racine du débit total. Avec un entraînement égal au débit primaire, +41 % de poussée idéale et −12 dB de bruit ; les éjecteurs réels statiques donnent +20 à +50 %.

À puissance de jet \(P_j\) fixée, \(F=\sqrt{2P_j\dot m}\) donc \(F\propto\sqrt{\dot m}\). Bruit en \(V_e^8\) (loi de Lighthill) : \(\Delta L=80\log_{10}(V_e'/V_e)\). 0-60 mph Rocket : 0,59 s → 0,49 s avec +30 %. Utile au départ arrêté, inefficace en vol (l'entraînement chute avec la vitesse).

4. Chauffer le gaz en ligne, jamais dans le réservoir

Démontré

Chauffer le réservoir réduit l'impulsion totale : à pression fixée, on embarque moins de gaz (276 kg au lieu de 319 à 80 °C). Chauffer le gaz entre le réservoir et la tuyère l'augmente : à 245 °C la détente complète devient possible sans liquéfaction et l'impulsion spécifique passe de 56 à 95 s.

À \((P,V)\) fixés : \(m\propto\dfrac{1}{ZT}\), \(V_e\propto\sqrt T\), donc \(I\propto T^{-1/2}\). En ligne : \(V_e=\sqrt{\dfrac{2\gamma}{\gamma-1}RT_0\left[1-(P_e/P_0)^{(\gamma-1)/\gamma}\right]}=933\) m/s à 518 K. Chauffer tout le plein demande 70 MJ (14 MW sur 5 s) : impossible. Chauffer la réserve d'atterrissage (50 kg) demande 11 MJ : un bloc d'aluminium de 41 kg à 300 °C, ou 22 kg de sel fondu. Vol stationnaire possible : 13,5 s au lieu de 8.

5. Le réservoir comme colonne vertébrale du châssis

Conjecture

Un réservoir composite à 690 bar est déjà une poutre extraordinairement rigide. Le faire travailler en flexion, comme le réservoir d'une fusée, économise la structure qui l'entoure.

La pression crée une contrainte axiale égale à la moitié de la contrainte circonférentielle ; la marge axiale admet un moment \(M=\dfrac{\pi P r^3}{2}\) : 867 kN·m pour un rayon de 20 cm, contre 23 kN·m demandés à l'atterrissage à 5 g. Les points durs sont le crash et la fatigue des liaisons, pas la résistance. À étudier avec les essais de choc de la règle hydrogène.

6. Pression de stockage : la plus basse qui tient dans le volume

Démontré

La masse de réservoir par kilo de gaz vaut 0,785 fois le facteur de compressibilité. Elle augmente avec la pression. Pour 600 L, 440 bar est l'optimum masse : c'est aussi la pression que donnent les 250 kg rapportés par la presse.

\(\dfrac{m_{res}}{m_{gaz}}=\dfrac{ZRT_0}{k}\) avec \(k\approx107\) kJ/kg. Z = 1,25 à 440 bar, 1,54 à 690 bar : −19 % de masse de réservoir par kilo de gaz. Prédiction : la version de série stockera entre 400 et 500 bar, pas 690.

7. Ventilateurs : la puissance suit le jeu des jupes

Démontré

La puissance d'aspiration est proportionnelle au jeu sous les jupes. Des jupes actives qui suivent la route à 3,5 mm au lieu de 7 divisent la puissance par deux, et l'autonomie remonte d'autant.

\(P=\dfrac{C_d\,e\,L_{per}\sqrt{2/\rho}\;\Delta P^{3/2}}{\eta_f}\) : 84 kW à 9 mm, 65 kW à 7 mm, 33 kW à 3,5 mm, 19 kW à 2 mm. L'appui aérodynamique seul (surface portante 2,5 à 4 m²) ne remplace les ventilateurs qu'au-delà de 500 km/h : ils restent nécessaires à toute vitesse.

8. Batterie : la résistance de cellule qui rend 1 MW tenable

Démontré

Pour tenir une minute à 1 MW sans dépasser 15 °C d'échauffement, la cellule doit rester sous 2,6 mΩ dans un pack de 150 kWh, et sous 1,2 mΩ dans un pack de 100 kWh. La première cible est atteignable ; la seconde ne l'est pas avec les cellules actuelles.

\(Q_{adm}=\dfrac{\Delta T\,m_{cell}c_p}{t}=124\) kW (150 kWh) ; \(R_{pack}=Q/I^2=100\) mΩ ; \(R_{cell}=R_{pack}\,n_p/n_s\). Prédiction : le 1 MW sera annoncé comme puissance de pointe de 10 à 30 s, avec un pack de 150 kWh.

Ce que les équations prédisent pour la version de série (2028)
  • Stockage entre 400 et 500 bar, pas 690 : la masse de réservoir par kilo de gaz impose la pression la plus basse compatible avec le volume (piste 6).
  • Poussée régulée et constante sur la version Rocket (détendeur ou col variable), sinon le 0,59 s n'est pas reproductible (section 6).
  • Réserve de gaz verrouillée pour l'atterrissage, 40 à 75 kg, invisible pour le conducteur (section 7).
  • Durée de vol présentée comme « saut » : le plafond physique de 6 à 8 s ne bougera pas sans changer de fluide (section 9, piste 4).
  • Recharge en station par cascade de banques pré-comprimées, 3 à 12 minutes, avec gaz pré-refroidi pour compenser les +117 K de l'échauffement de remplissage ; jamais par compresseur embarqué (section 14).
  • 1 MW en pointe, 10 à 30 s, pack de 150 kWh (piste 8).
  • Ventilateurs pilotés par le mode de conduite, coupés sur route pour tenir les 300 miles (sections 10 et 11).
  • Propulseurs verrouillés hors circuit par géolocalisation : bruit et souffle incompatibles avec la route (section 13).

Ces prédictions découlent des équations de cette page sous les hypothèses de la section 15. Elles seront vérifiables à la publication des fiches techniques.

18Questions fréquentes

19Méthode, hypothèses, limites

Cette étude a été produite avec EQOS Forecast, l'outil de modélisation et de prédiction mathématique de The Bright Company, qui génère les équations de chaque sous-système à partir des lois de conservation et des chiffres publics, puis les calcule et les vérifie par recoupement. Toutes les valeurs numériques de cette page ont été calculées avec une équation d'état de référence pour l'air et l'azote (bibliothèque CoolProp, formulations de Lemmon et de Span), un intégrateur Runge-Kutta d'ordre 4 et des tirages aléatoires pour les incertitudes. Le simulateur en ligne utilise les mêmes équations avec des tables interpolées. Les constantes : \(g=9{,}81\) m/s², \(R_{air}=287{,}05\) J/(kg·K), \(\gamma=7/5\), \(T_0=293{,}15\) K, \(\rho_{air}=1{,}2\) kg/m³.

Non modélisés : la traînée aérodynamique en vol (111 N à 60 km/h, 0,8 % d'effet sur 2,6 s, vérifié négligeable), la portance de la caisse, la dynamique de rotation couplée à la translation, la tenue des structures au-delà des ordres de grandeur donnés, et tout ce qui dépend de données non publiées (section 15). Les conjectures de la section 17 sont des résultats mathématiques sous hypothèses explicites ; elles restent à confirmer au banc d'essai. Ce n'est pas un calcul d'ingénierie certifié : c'est un modèle reproductible, avec toutes ses hypothèses visibles, que chacun peut recalculer.

Sources : Fortune (17 oct. 2026), InsideEVs (specs et recharge), EVKX, Drive Tesla Canada (aspiration), Teslarati (écran 5 500 psi), BigGo Finance, Tech-Insider, CellCog, Brainwagon, EVXL (échange LeCun-Musk), Wikipedia (Tesla Roadster, seconde génération ; propulseur à gaz froid), Top Gear et MotorTrend via les articles cités.

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Stéphane Jambu
Stéphane Jambu

Ingénieur (EPITA, 1996). 14 ans en ESN, EDF, Renault, TF1, Carrefour. 10 ans e-commerçant, 22 000 références, 6 pays, 65 000 ventes. Depuis 2014, consultant SEO et fondateur d'agence. Aujourd'hui Hi-Commerce tourne 24h/24 sans lui, grâce à des équipes et des agents IA formés à ses méthodes.

Calculs vérifiés par EQOS Forecast Asia