Étude Aleyda Solis : où l’IA envoie le trafic e-commerce (10 marchés)
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39,3 millions de clics e-commerce : ce que l’étude d’Aleyda Solis révèle
On nous a répété que l’IA allait fragmenter le trafic. Qu’il faudrait être partout, tout le temps. Qu’une marque devait dominer les citations dans ChatGPT, Perplexity, Gemini, et autres assistants.
La réalité est plus brutale.
Aleyda Solis a publié le 29 avril 2026 une analyse colossale. 39,3 millions de clics e-commerce issus de l’IA, collectés via Similarweb sur 10 marchés — États-Unis, Royaume-Uni, Espagne, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Australie, Mexique et Brésil. 57 696 entrées domaine-marché. La couverture est massive.
Un chiffre glacé : en e-commerce, 5 domaines médians captent la moitié de tous les clics IA. La médiane pour la finance ? 17. Pour le voyage ? 47. L’e-commerce est dans une concentration qui n’a rien à voir avec les autres secteurs.
Pas de zone grise.
5 domaines captent la moitié du trafic : la concentration extrême de l’IA en e-commerce
L’étude ne se contente pas d’observer le top 10. Elle mesure combien de domaines il faut pour atteindre 50 % puis 99 % des clics IA. La moyenne par marché pour l’e-commerce fait froid dans le dos :
- E-commerce : 5 domaines pour 50 % des clics, 650 pour 99 %
- Finance : 17 domaines pour 50 %, 763 pour 99 %
- Voyage : 47 domaines pour 50 %, 1 077 pour 99 %
Le top 10 e-commerce rafle 63,9 % des clics en moyenne contre 30 % dans le voyage. La part moyenne du n° 1 en e-commerce : 26,9 %.
Ce n’est pas « les grandes marques gagnent ». C’est : les infrastructures de vente gagnent.
Le graphique ci-dessous montre le nombre de domaines e-commerce qu'il faut cumuler pour atteindre la moitié des clics générés par l'IA dans chaque marché. Plus le chiffre est bas, plus la concentration est forte.
Domaines pour 50 % des clics IA par marché
Un écart de 1 à 5,5 entre l'Italie et les Pays-Bas
L’Italie en 2 clics, le Royaume-Uni en 129 : le grand écart par marché
Si vous vendez en Europe, l’étude vous impose une carte stratégique par pays. Voici le nombre de domaines nécessaires pour atteindre 50 % des clics IA e-commerce, marché par marché :
| Marché | Domaines pour 50 % |
|---|---|
| Italie | 2 |
| États-Unis | 3 |
| Brésil | 3 |
| Allemagne | 4 |
| France | 5 |
| Mexique | 5 |
| Royaume-Uni | 6 |
| Espagne | 7 |
| Australie | 9 |
| Pays-Bas | 11 |
En Italie, Amazon.it + Temu suffisent pour dépasser les 50 %. Au Royaume-Uni, il en faut 6. L’écart paraît faible, mais la mécanique est totalement différente : un marché verrouillé par 2 géants n’offre pas les mêmes marges de manœuvre qu’un marché où le top 6 pèse moins de 45 %.
Et ça, les stratégies génériques ne le voient pas.
Pourquoi le « brand building » est plus urgent que jamais en e-commerce
Aleyda Solis le rappelle : « La question réaliste pour la plupart des marques n’est pas “comment gagner la tête”, mais “comment apparaître correctement à l’intérieur des marketplaces et revendeurs qui possèdent la tête”. ».
Traduction : si votre produit n’est pas listé avec des fiches irréprochables sur Amazon, Cdiscount, Fnac, Zalando ou Mercado Livre, vous êtes invisible pour 50 à 64 % des clics IA de votre marché.
J’observe ce basculement depuis 18 mois. Un client dans l’électronique grand public voit 78 % de ses sessions issues de l’IA arriver… sur ses pages marketplace. Pas sur son site.
La question n’est plus « quel contenu produire sur mon blog ». Elle devient « quelle fiche produit alimente l’IA quand elle recommande mon segment ».
L’IA ne se résume pas à ChatGPT : la fragmentation des surfaces compte
L’étude agglomère ChatGPT, Perplexity, Google AI Mode, et d’autres expériences d’IA qui ne génèrent pas toutes des liens de la même manière. Ce qu’on mesure, ce sont les clics produits par l’IA, pas les citations sans clic.
Beaucoup de marques se rassurent en voyant leur nom cité dans une réponse. Mais si le lien est absent ou invisible, le trafic ne suit pas. Les interfaces changent chaque trimestre. Le modèle de clic dans Google AI Mode n’a rien à voir avec celui de Perplexity. Et rien à voir avec ChatGPT.
Un constat simple : dans l’e-commerce, les surfaces qui produisent des clics sont celles qui intègrent des boutons d’achat ou des listes comparatives cliquables. Le reste, c’est de la notoriété floue.
Ce que je vois chez mes clients e-commerce face à l’IA
Je regarde 15 sites e-commerce par semaine. La moitié a déjà vu son trafic se polariser : leurs pages catégories organiques traditionnelles baissent, leurs pages marketplace montent. Le CA suit.
Un site de mobilier scandinave que j’accompagne depuis 2024. Il y a 17 mois, le SEO de son site captait 89 % de ses ventes organiques. En mars 2026, c’est 43 %. Le reste ? Ses fiches sur un marketplace local, qui trustent 37 % des clics IA. La lecture est limpide : la visibilité ne se construit plus seulement sur votre domaine.
Je ne vous dis pas de déserter votre site. Je dis : la moitié de votre trafic IA passera par une page que vous ne maîtrisez pas directement. Préparez-la comme si c’était une page de votre site.
Votre stratégie IA e-commerce en 2026 : 3 actions à prendre maintenant
À partir de ces données, voici ce qui produit un résultat.
1. Cartographiez votre présence marketplace par marché. Sur chaque pays, identifiez les 3 domaines qui captent le plus de clics IA dans votre verticale. Auditez vos fiches sur ces supports : titres, images, attributs structurés, avis.
2. Alimentez l’IA avec des données machines, pas seulement des mots-clés. Les assistants lisent vos balises structured data. Ils ingèrent vos catalogues via API. Il ne suffit plus de « bien rédiger un titre ». Il faut des champs fournisseurs normalisés, un flux produit propre, des prix à jour toutes les 4 heures.
3. Mesurez les bons signaux, pas les mauvais. Arrêtez de traquer uniquement les clics sur votre domaine. Suivez les sessions entrantes depuis les plateformes d’IA (Similarweb, Semrush, oncrawl). Corrélez-les avec les conversions marketplace. Ce qui n’est pas mesuré n’est pas piloté.
La bonne nouvelle ? Très peu d’e-commerçants exécutent ces trois piliers. Ceux qui le font tournent dans un couloir quasi désert.
Je vous montre les pages avant que l’IA ne les choisisse
Un audit live de 45 minutes sur votre site e-commerce. Je vous montre exactement quelles pages l’IA pourrait citer, et pourquoi vos fiches marketplace ne convertissent pas encore. Sans PowerPoint.
Réserver un appel diagnostic — 30 minQuestions fréquentes
L’IA va-t-elle remplacer le SEO traditionnel ?
Non, elle le déplace. Le SEO ne meurt pas, il mute vers la gestion de présence sur des surfaces que vous ne contrôlez pas. Les principes (autorité, pertinence, structure) restent centraux, mais les destinations changent.
Faut-il abandonner son site e-commerce au profit des marketplaces ?
Surtout pas. Votre site reste l’actif de marque qui crédibilise vos fiches marketplace. En revanche, vous devez optimiser vos fiches marketplace aussi rigoureusement que vos pages catégories.
Quels marchés les plus concentrés pour l’IA e-commerce selon l’étude ?
L’Italie (2 domaines pour 50 % des clics), les États-Unis (3), le Brésil (3), l’Allemagne (4) et la France (5) sont les plus concentrés. Les Pays-Bas (11) et l’Australie (9) offrent un jeu plus ouvert.
Comment mesurer concrètement les clics IA sur mon site ?
Utilisez la source de trafic « search-ai » dans Similarweb, le rapport « moteurs IA » de Semrush, ou paramétrez une dimension personnalisée dans GA4 pour identifier les referrers connus (chat.openai.com, perplexity.ai, etc.).
Doit-on craindre une concentration excessive au profit d’Amazon ?
La concentration est réelle mais très variable. En France, le paysage est plus ouvert. Optimiser votre présence sur Cdiscount, Fnac et Boulanger devient aussi critique que sur votre propre domaine.

