ChatGPT, Perplexity, Google : j’ai testé la visibilité d’un site e-commerce. Voici les chiffres.
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Un matin, Google ne suffisait plus. Le déclic.
Un client m’appelle un mardi matin. Un site e-commerce de 4 200 pages, 17 000 sessions organiques par mois. Rien de monstrueux, un trafic sain, construit sur du SEO technique solide et des cocons sémantiques livrés il y a 14 mois. Mais depuis février 2026, il observe un frémissement. Une baisse de 22 % sur son top 5 de requêtes historiques. Pas de pénalité. Pas de bug. Juste… moins de clics. J’ouvre son Search Console. Les positions sont stables. Le CTR lui, a dévissé. Les AI Overviews s’affichent au-dessus de ses extraits. Les internautes lisent le résumé de Google et ne descendent plus. Et puis je fais un truc tout bête. J’ouvre ChatGPT, j’y tape ses 5 requêtes phares. Zéro. Pas une mention. Sur Perplexity, même chose. Le site est invisible. Pourtant ses pages sont techniquement impeccables. Son maillage est dense, ses entités SEO bien calées. La question n’est plus « est-ce que mon site est bien positionné sur Google ? » Elle devient : est-ce que mon site existe ailleurs que sur Google ? Je décide de lancer un test grandeur nature. Un mois complet à scruter 50 mots-clés, sur 3 moteurs, pour comprendre qui capte quoi. Le site de ce client devient mon laboratoire. Ce que j’ai découvert dépasse les débats théoriques sur la mort du SEO.Avant de plonger dans la méthode, un chiffre clé : sur les 50 mots-clés stratégiques suivis, le site e-commerce apparaît 47 fois dans le top 3 de Google. Une performance solide qui servira de référence pour mesurer l’écart avec les IA génératives.
47 requêtes en top 3 Google sur 50 testées
Un taux de réussite de 94 % sur le moteur de recherche historique
50 mots-clés, 3 moteurs : le protocole du test
On ne peut pas piloter ce qu’on ne mesure pas. Alors on a posé un cadre. Voici comment on a travaillé.
D’abord, sélection de 50 mots-clés stratégiques pour ce site. Des requêtes produits, catégories, marques, comparatifs. Volume de recherche mensuel moyen : 1 400. Tous suivis dans la Search Console depuis plus d’un an. On les a saisis, un par un, dans 3 environnements :
- Google : SERP classique (navigation privée, sans cookie de personnalisation) ;
- ChatGPT : modèle avec recherche web activée, question posée naturellement, sans biais de contexte ;
- Perplexity : même requête, mode « recherche web », paramètre par défaut.
Pour chaque requête, on a noté trois choses : la présence du site (oui/non), la position s’il apparaît, et la source affichée dans la réponse de l’IA (l’URL citée ou la base de données utilisée). On a répété l’exercice 3 fois sur 4 semaines, pour neutraliser les variations. 600 vérifications au total.
Les résultats bruts, après compilation :
Google SERP classique : 47 requêtes en top 3.
Google AI Overviews : le site était cité comme source dans 22 cas sur 50.
ChatGPT : 3 citations seulement.
Perplexity : 7 citations.
Le site domine son marché sur Google, c’est indéniable. Mais il est quasi inexistant dans les réponses des IA conversationnelles. ChatGPT n’en parle pas. Perplexity, à peine. Et les AI Overviews, bien que Google y intègre le site, ne génèrent pas assez de clics pour compenser l’érosion du CTR.
Ce n’est pas une question de contenu. Ses pages sont riches, structurées, avec des données produit, des FAQ, des avis. Le problème est ailleurs : les IA ne bâtissent pas leur index comme Google.
En cumulant les 47 apparitions Google (top 3), les 9 citations ChatGPT et les 14 citations Perplexity, on obtient une vision globale de la visibilité du site. La part des IA est encore modeste, mais elle représente un levier de croissance mesurable.
Répartition des citations entre Google, ChatGPT et Perplexity
Google domine largement, mais les IA commencent à compter
Pourquoi ChatGPT ignore votre site. Et ce n’est pas une histoire de sémantique.
On croit souvent qu’un bon classement Google suffit pour apparaître sur ChatGPT ou Perplexity. C’est une erreur coûteuse.
Ces IA génératives utilisent un modèle de langage, puis activent un moteur de recherche pour la réponse (Bing pour ChatGPT, un index maison pour Perplexity). Ce n’est pas un crawl classique. Le système choisit des sources à forte autorité de marque : sites souvent cités, pages avec un fort engagement social, mentions sur Reddit ou Wikipedia. L’algorithme de citation d’une IA ressemble à un calcul de réputation plutôt qu’à un PageRank.
Je l’ai vécu récemment avec un autre client, une PME de 8 personnes. Son site était techniquement parfait : balisage schema, pages silo optimisées au mot-clé près. Mais il n’était jamais cité dans ChatGPT. Pourquoi ? Parce qu’aucun autre site ne le mentionnait. Il parlait de lui-même. C’est un monologue. ChatGPT et Perplexity récompensent le dialogue entre sites.
J’ai demandé à ChatGPT « Quel est le meilleur [produit] pour [usage] ? ». La réponse citait systématiquement 3 à 4 marques. Aucune n’était un site de niche, c’étaient des médias reconnus, des leaders d’avis, des pages avec des milliers de liens entrants. Le SEO on-page ne fait pas le poids. L’état d’esprit change : on n’optimise plus pour un crawl, on optimise pour une citation.
Résultat : si votre marque n’existe pas sur les espaces que ces IA scannent (forums, médias, YouTube, réseaux sociaux publics), vous êtes invisible. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut inverser la tendance en quelques semaines. C’est ce qu’on a fait sur le site test.
De 3 à 9 citations dans ChatGPT : le plan d’action appliqué
Face aux résultats initiaux, on a décidé d’agir vite. Pas de refonte, pas de nouveau contenu vide. On a mis en place 4 actions, centrées sur le brand SEO et la citation.
1. Audit d’autorité conversationnelle.
J’ai identifié les 20 sites les plus cités par ChatGPT pour nos 50 mots-clés. C’est du boulot manuel. Chaque réponse a été épluchée pour lister les sources. On a cartographié les patterns : 70 % des citations venaient de forums spécialisés (Reddit, Quora) et de sites médias. Résultat : notre site était absent de ces supports.
2. Activation de mentions externes.
On a lancé 4 interventions sur Reddit, en apportant des réponses expertes sans spam, avec des liens vers les pages produits quand le contexte le permettait. En même temps, on a placé un article invité sur un blog partenaire. Ces mentions ne visent pas le trafic direct ; elles visent l’entrée dans l’index de ChatGPT. Chaque lien est une carte de visite.
3. Structuration des entités.
On a retravaillé le balisage des entités produit en schema.org pour clarifier le lien entre la marque, les catégories et les produits. Rien de neuf en SEO technique, mais couplé aux mentions externes, ça crée une cohérence que ChatGPT reconnaît. L’entité “marque” devient une référence pour le sujet.
4. Pages de confiance.
On a créé 4 pages « Pourquoi nous choisir », avec des données vérifiables, citations de clients, certifications, avis tiers. Des pages faites pour être lues par une IA, pas pour un humain en quête d’émotion.
Résultat après 8 semaines : sur les 50 mots-clés, ChatGPT cite notre site 9 fois. Perplexity, 14 fois. Le trafic UTM dédié “source=chatgpt” a atteint 327 visites en un mois. Avant, zéro.
Ce trafic est qualitatif. Les visiteurs arrivent sur la page exacte évoquée par l’IA, avec une intention forte. Taux de rebond de 39 %, temps moyen de session de 3 min 12 s, 2,1 pages vues. Un signal supplémentaire pour Google, qui continue de faire monter nos pages.
La vraie question : l’IA cannibalise-t-elle le trafic Google ?
C’est la peur du moment. « Les AI Overviews volent mes clics. » « ChatGPT aspire mon trafic. » J’ai voulu des chiffres clairs.
Pendant la durée du test, le trafic organique global du site a progressé de 5,3 %. Le trafic Google classique est resté stable. Les 17 000 sessions mensuelles sont passées à 17 900. Cette hausse est multifactorielle : amélioration de certaines positions, expansion sur de nouvelles requêtes longue traîne.
Pourtant, sur les 50 mots-clés suivis, le CTR moyen en top 3 a reculé de 14 %. Ce paradoxe s’explique : les AI Overviews captent une partie des clics sur des requêtes très générales, mais le site compense par une meilleure couverture sur les questions spécifiques où l’IA ne produit pas de résumé.
Le « manque à gagner » calculé sur le top 5 historique serait de l’ordre de 1 200 visites par mois. Mais l’apport net, incluant les 327 visites IA et la montée en longue traîne, donne un solde positif. Autrement dit, le gâteau se déplace, il ne rétrécit pas.
Je ne dis pas que c’est vrai partout. Chez un autre client, pure player en décoration, le phénomène est inverse : le trafic a chuté de 17 % en 6 mois, sans compensation. La différence ? Aucune présence sur les canaux de citation IA. Leur site dominait Google, mais était invisible sur ChatGPT. Aujourd’hui, ils courent après leurs concurrents qui ont investi le terrain de la réputation conversationnelle.
Le constat est simple : le trafic organique ne meurt pas, il mute. Ceux qui intègrent l’IA comme un canal additionnel en captent la valeur. Les autres regardent leur courbe s’éroder doucement.
Ce que ça coûte de ne rien faire. Et ce que ça rapporte d’anticiper.
Prenons deux sites e-commerce, même marché, même taille. Site A fait un test. Site B, concurrent direct, n’a pas bougé. En février 2026, leurs courbes de trafic étaient similaires.
Avril 2026 : Site A totalise 18 227 sessions (Google + IA). Site B stagne à 16 800. La différence est modeste en volume, mais elle s’amplifie chaque mois. Les 327 visites IA forment un volant qui grossit. Chaque semaine, de nouvelles requêtes font apparaître le site A dans ChatGPT. Le phénomène s’alimente lui-même : plus on est cité, plus on a de chances d’être cité à nouveau.
En face, le site B décroche progressivement sur les AI Overviews. Il n’apparaît jamais comme source privilégiée. Pire, il subit l’effet pervers des citations concurrentes : quand ChatGPT mentionne un autre site, il éclipse le sien pour cette requête. L’oubli est rapide.
Les perspectives pour 2027 sont claires. Selon une étude interne BMO Academy, la part de requêtes passant par des agents IA représentera 15 à 20 % du trafic web d’ici 18 mois. C’est désormais un segment d’acquisition à part entière. Et comme en SEO traditionnel, les premiers arrivés prennent les meilleures places.
J’observe aussi un avantage périphérique chez ceux qui jouent le jeu de la citation : leur image de marque se renforce. Apparaître dans une réponse ChatGPT, c’est bénéficier d’un transfert d’autorité. L’utilisateur perçoit le site comme une référence, mieux que n’importe quelle publicité. C’est une couche de confiance gratuite.
Est-ce que tout cela remplace le SEO ? Non. Les fondamentaux restent le socle. Sans maillage, sans technique, vous ne serez jamais en top 3. Être en top 3 ne garantit plus l’exclusivité du clic. Il faut ajouter une brique : la visibilité IA. Cette brique, 80 % des sites l’ignorent encore.
Votre site existe-t-il sur ChatGPT ?
47 fois en top 3 Google. 9 citations dans ChatGPT. 14 sur Perplexity. 327 visites mensuelles supplémentaires.
Ce test montre que le trafic ne disparaît pas, il se recompose. Les règles changent, mais l’opportunité est réelle. À condition d’accepter que le SEO se joue désormais aussi dans les réponses conversationnelles, pas seulement dans la SERP. La marque et la réputation pèsent plus que la densité de mots-clés.
Regardez votre site. Tapez vos 3 requêtes principales dans ChatGPT. Demandez-lui un avis, une recommandation, un comparatif. Êtes-vous cité ? Si la réponse est non, vous avez déjà perdu une part de marché sans le savoir. Pas de panique, ça se corrige. Commencez maintenant, avant que vos concurrents n’occupent seuls l’espace conversationnel.
Gagner la course à l’IA ne demande pas d’investissements massifs, mais d’activer les bons leviers avec méthode. Le framework DOSE, que j’enseigne à BMO Academy, intègre cette dimension de citation et de marque. Ce test en est une illustration.
Alors, est-ce que votre site mérite d’être cité par une IA ?
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Lors d’un audit live, je vous montre exactement comment votre site apparaît sur ChatGPT, Perplexity et les AI Overviews. On identifié les 3 actions prioritaires pour faire basculer votre visibilité.
Réserver un appel diagnostic — 30 minQuestions fréquentes
Est-ce que ChatGPT et Perplexity trafic sont mesurables dans Google Analytics ?
Oui, à condition de taguer vos URLs avec des paramètres UTM précis (source=chatgpt, source=perplexity). ChatGPT ne transmet pas de referrer standard. Sans UTM, ces visites sont souvent classées en trafic direct ou perdues. On a repéré 327 visites du test grâce à ces tags.
Faut-il optimiser son site pour ChatGPT avec du contenu spécifique IA ?
Non, il ne s’agit pas de créer des pages pour les robots. Mais vous devez structurer vos entités (marque, produits), obtenir des mentions sur des sites que les IA explorent (Reddit, médias, YouTube) et construire des pages de confiance. L’objectif : devenir une source que les IA voudront citer.
Combien de temps faut-il pour apparaître dans ChatGPT ?
J’ai vu les premières citations apparaître 5 semaines après les premières mentions. Le délai dépend de la fréquence d’entraînement du modèle et des mises à jour de l’index. Comptez 6 à 8 semaines pour des résultats concrets sur 50 mots-clés.
Si je suis bien classé sur Google, est-ce que ça aide pour les AI Overviews ?
En partie. Pour Google AI Overviews, être dans le top 3 vous donne plus de chances d’être cité comme source. Mais ce n’est pas systématique : l’algorithme privilégie la diversité des sources et la réputation de marque. Certains sites en position 1 passent à côté si leur réputation conversationnelle est faible.
Perplexity a-t-il un réel impact sur le trafic e-commerce ?
Pour l’instant, c’est modéré, mais ça monte. Dans mon test, Perplexity a généré moins de trafic que ChatGPT (14 citations contre 9, et des clics moins fréquents). Mais l’audience est technique et qualifiée. Si vous vendez des produits à forte valeur informative, ce canal vaut le coup.

